L’éleveur félin


Il faut avouer que l’élevage en général, et plus particulièrement l’élevage félin, ne bénéficie pas d’une très bonne réputation. Pour la plupart des gens, la vision de l’élevage se limite à mettre deux chats ensembles, à les faire se reproduire puis à vendre la portée. Or bien entendu, c’est énormément sous-estimer le rôle de l’éleveur et son implication éthique.

 

Le chat de race

 

Élever un animal est tout d’abord un travail de sélection. Une race en soi n’existe pas à la base, tous les chats appartiennent à la même espèce animale. C’est là qu’interviennent les Hommes, qui ont choisi de faire se reproduire des chats afin de fixer des caractéristiques morphologiques, mais aussi des traits de caractère. Un travail de titan que d’essayer d’obtenir des chatons s’alignant sur ce que l’on nomme le standard, c’est-à-dire la description précise qui encadre une race de chat.

On appelle « chat de race » un chat inscrit au LOOF, Livre des Origines Félines. Un chat sans pedigree n’est pas un chat de race, même s’il peut fortement ressembler à telle ou telle race. Ce qui donne de la valeur à un pedigree est le suivi généalogique qu’il implique : chaque parent est tracé, aussi peut-on remonter aux chats de fondation de la race à partir du pedigree de son propre chat.


Le LOOF

 

Depuis son agrément par le Ministère de l'Agriculture en 1996, la gestion de l'espèce féline a été confiée au LOOF, fédération pour la gestion du Livre Officiel des Origines Félines. Le LOOF a plusieurs missions :

- Tenir le livre des affixes (répertoire des noms d'élevage)

- Tenir le livre des origines félines françaises (établissement des pedigrees pour les chats de race)

- Contrôler des expositions félines françaises dans lesquelles ont lieu des concours de conformité au standard (titres félins)

- Tenir les standards des races de chats (les caractéristiques physiques définissant une race)

- Former des éleveurs, des juges et des élèves juges (personnes jugeant les chats en exposition)

- Promouvoir le chat de race

- Contribuer à la santé et au bien-être des chats en général et des chats de race en particulier.


La législation

 

On distingue deux types d’élevages : l’élevage professionnel et l’élevage-loisir. La loi du 6 janvier 1999 donne pour la première fois une définition légale de l'élevage de Carnivores Domestiques : « On entend par élevage de chiens ou de chats l'activité consistant à détenir des femelles reproductrices et donnant lieu à la vente d'au moins deux portées par an ». Autrement dit, on est dit « éleveur amateur » si l’on fait moins d’une portée par an. Dans tous les cas, un éleveur doit posséder un affixe, dont la demande est à faire au LOOF (montant : 180 euros pour un affixe définitif, 50 euros pour un affixe temporaire, ce dernier n’étant valable que pour une seule portée).

Un éleveur professionnel, c’est-à-dire qui fait plus d’une portée par an, doit alors faire plusieurs démarches : l’élevage professionnel est considéré comme une activité agricole à part entière. Tout d’abord, l’éleveur doit se déclarer à la Préfecture et aux services vétérinaires de son département, et il se verra alors attribuer un numéro de Siret ; ainsi qu’un certificat de capacité, qui peut être obtenu en passant le CETAC. Il devra tenir un registre d’entrées et de sorties et un registre sanitaire.

Dans tous les cas, la différence entre éleveur professionnel et éleveur amateur se situe plus à un niveau administratif que sur la réalité du terrain. Un éleveur amateur peut très bien tenir son élevage de façon professionnelle, mais avec peu de reproducteurs.


Le rôle de l’éleveur

 

On a souvent tendance à penser que le chat est un animal autonome, qui se reproduit sans problème. Il faut bien réaliser que dans un élevage, le chat est mis dans des conditions qui ne sont pas les siennes naturellement.

Les éleveurs en général ne laissent pas leurs chats en liberté à l’extérieur de l’habitation, cela comprend bien trop de risques physiques (écrasement, disparition…) et sanitaires (contamination avec d’autres chats, blessures…). Les chats sont des animaux à la base solitaires et territoriaux, ils tolèrent mal la promiscuité qui est source de stress. Le stress ayant tendance à faire baisser les défenses du système immunitaire, nos petits félins domestiques sont plus sujets aux maladies. Cela implique une gestion non seulement sanitaire mais aussi sur le plan des effectifs.

Il faut concilier l’intervention humaine et la nature du chat. Un éleveur va construire attentivement son plan d’élevage avec différentes priorités (beauté, pedigree, santé, caractère…) tout en faisant au mieux pour le confort et l’épanouissement de ses animaux. Il doit jongler perpétuellement entre toutes les facettes de l’élevage félin, et c’est là toute la difficulté.

L’éleveur félin doit gérer plusieurs choses : il va choisir un plan d’élevage en fonction de ses priorités, de façon réfléchie. Il fixera également ses limites en matière de taux de consanguinité, de tolérance sanitaire. Il devra s’occuper évidemment de ses chats, ce qui implique nourriture, soins vétérinaires, dépistages, jeux, présence, affection, surveillance, mais devra aussi prévoir des structures environnementales adaptées. Un savant mélange de connaissances des caractéristiques d’une race, de la génétique féline (couleurs, maladies, recherches des lignées…) mais aussi de l’expérience sur le terrain !